Votre médecin ne pourra plus vous prescrire un arrêt de travail « à durée illimitée ». À partir du 1er septembre 2026, chaque arrêt maladie est plafonné : 31 jours pour une première prescription, 62 jours pour un renouvellement1. Sur le papier, la mesure vise à freiner les dépenses de l'Assurance maladie12. Dans les faits, pour vous qui vivez de contrats courts et devez cumuler 507 heures de travail par an pour ouvrir vos droits au chômage, elle touche trois choses concrètes : la durée réelle de vos congés, le calcul de vos indemnités, et le temps dont vous disposez pour atteindre vos heures.
Ce dossier détaille le mécanisme exact, le risque réel sur votre compteur d'heures, et les leviers pour vous protéger : anticipation avec votre médecin, reconnaissance en ALD, vigilance sur votre période de référence.
Sommaire de l'article
- Ce qui change au 1er septembre 2026
- Pourquoi l'État plafonne vos arrêts
- Le raccourcissement de fait de vos congés
- Le mécanisme des 507 heures
- Le risque de perdre des heures
- La baisse de vos indemnités journalières
- Neutralisé ou crédité : le tableau
- Exemple chiffré : le cas de Karim
- Les stratégies pour vous protéger
- Ce qu'il faut retenir
01Ce qui change concrètement au 1er septembre 2026
À compter du 1er septembre 2026, un décret publié au Journal officiel le 13 juin 2026 plafonne la durée des arrêts de travail donnant lieu au versement d'indemnités journalières1. Le principe est simple sur le papier : une première prescription ne peut dépasser 31 jours. Un renouvellement ne peut dépasser 62 jours2. Ces plafonds s'appliquent aux médecins, mais aussi aux sages-femmes et aux chirurgiens-dentistes, dès qu'ils prescrivent ou prolongent un arrêt de travail. Le texte concerne les assurés du régime général et du régime des salariés agricoles. Il ne s'applique pas à Mayotte1.
Ce plafond ne limite pas la durée totale d'un arrêt de travail : il limite la durée de chaque prescription individuelle. Concrètement, si votre état de santé nécessite un arrêt de trois mois, votre médecin doit soit écrire une première prescription de 31 jours qu'il faudra renouveler, soit justifier par écrit, sur l'arrêt lui-même, la nécessité d'une durée supérieure. La loi prévoit explicitement cette possibilité de dépassement : le professionnel de santé peut prescrire au-delà du plafond lorsqu'il justifie, sur la prescription, la nécessité d'une durée plus longue au regard de la situation du patient, en tenant compte le cas échéant des recommandations de la Haute Autorité de santé3.
Cette dérogation existe donc bel et bien. Mais elle repose sur un geste administratif supplémentaire : une justification écrite, précise, datée. Sans cette mention, la prescription qui dépasse le plafond s'expose à un contrôle. C'est ce mécanisme qui va changer, mécaniquement, votre rapport aux arrêts maladie, et rien n'empêche en théorie une succession de prescriptions justifiées de couvrir plusieurs mois : la nouveauté est dans l'obligation de justifier explicitement chaque dépassement.
« Les plafonds prévus aux articles L. 162-4-1 et L. 162-4-4 pour la durée des arrêts de travail prescrits par un médecin, un chirurgien-dentiste ou une sage-femme sont fixés à trente et un jours pour une première prescription et à soixante-deux jours pour une prolongation. »Source : Légifrance
02Pourquoi l'État plafonne vos arrêts maladie
Cette réforme ne sort pas de nulle part. Le rapport du Sénat sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 est clair sur le contexte : sans les mesures nouvelles inscrites dans le texte, le déficit de la sécurité sociale se serait élevé à 28,7 milliards d'euros en 2026 ; avec les mesures adoptées, il est ramené à 17,5 milliards d'euros12. La seule branche maladie affiche un solde négatif de 12,5 milliards d'euros12. Le rapport souligne, à propos de la branche accidents du travail-maladies professionnelles, une trajectoire « fortement et durablement dégradée sous l'effet notamment de la hausse du coût des indemnités journalières »12, un facteur de coût que l'État cherche par ailleurs à contenir sur l'ensemble des branches.
Le plafonnement des durées de prescription n'est pas la première mesure de ce type. Un an et demi plus tôt, un décret du 20 février 2025 avait déjà abaissé le plafond de salaire pris en compte pour calculer vos indemnités journalières, en le faisant passer de 1,8 à 1,4 fois le Smic4. Cette baisse du plafond de revenus est chiffrée par le Sénat à 0,5 milliard d'euros d'économies au titre de la montée en charge de la mesure en 202612. La baisse de vos indemnités et le raccourcissement de vos arrêts sont donc deux volets d'une même stratégie budgétaire, menée en deux temps.
Ce contexte éclaire un point important : ces mesures ne visent pas spécifiquement les intermittents du spectacle, elles s'appliquent à tous les assurés du régime général. Mais elles rencontrent, dans votre situation, une mécanique qui n'existe dans aucun autre régime professionnel, celle des 507 heures et de la neutralisation des périodes de maladie. C'est cette rencontre qui produit, pour vous, un effet démultiplié.
03Le raccourcissement de fait de vos congés maladie
Pour un salarié en poste fixe, ce plafonnement change surtout la paperasse : le médecin renouvelle, justifie, l'employeur suit le dossier. Pour vous, intermittent, la mécanique est plus délicate. Vos arrêts s'intercalent entre des contrats courts, avec des employeurs différents, souvent sans médecin traitant unique identifié dans votre parcours puisque vous n'avez pas de suivi santé au travail classique. Chaque renouvellement au-delà de 31 jours, puis chaque prolongation au-delà de 62 jours cumulés, suppose une justification écrite explicite de votre médecin3.
Si cette justification manque, ou si elle intervient en retard par rapport à la date de fin de la prescription précédente, un vide peut apparaître entre deux arrêts. Ce vide n'est pas seulement administratif : la prise en charge par l'Assurance maladie dépend du respect de ces plafonds ou de leur dérogation justifiée1. En pratique, cela peut pousser certains médecins généralistes, déjà contraints en temps de consultation, à caler leurs prescriptions sur les nouveaux plafonds plutôt qu'à multiplier les justifications écrites au cas par cas. Le résultat concret pour vous : des arrêts découpés en séquences de 31 puis 62 jours, avec un risque de rupture de continuité à chaque changement de séquence.
« [Les médecins] peuvent déroger au plafond prévu au premier alinéa du présent 1° lorsqu'ils justifient, sur la prescription, de la nécessité d'une durée plus longue au regard de la situation du patient et en considération, lorsqu'elles existent, des recommandations établies par la Haute Autorité de santé. »Source : Légifrance
04Le mécanisme des 507 heures : ce qui compte, ce qui ne compte pas
Pour ouvrir vos droits au chômage au titre des annexes 8 (techniciens) ou 10 (artistes), vous devez justifier d'au moins 507 heures de travail dans les métiers du spectacle sur les 12 mois qui précèdent votre dernière fin de contrat retenue109. Ces 12 mois, soit 365 jours, forment votre période de référence. Tout ce qui s'y passe compte, ou ne compte pas, selon des règles précises.
Premier cas : une maladie ordinaire qui survient entre deux contrats de travail, quand vous n'êtes sous aucun engagement, et qui est indemnisée par la sécurité sociale. Cette période est neutralisée : elle allonge d'autant la période de 365 jours9. Vous gagnez du temps pour chercher vos heures, mais ces jours de maladie ne comptent pas eux-mêmes comme des heures travaillées.
Deuxième cas : une suspension de contrat, c'est-à-dire un arrêt maladie survenant pendant que vous êtes sous contrat. Cette période est retenue à raison de 5 heures par journée de suspension9, elle crédite directement des heures dans votre compteur.
Troisième cas, plus favorable : un arrêt maladie au titre d'une affection de longue durée (ALD), survenant hors contrat de travail et indemnisé par la sécurité sociale. Il est assimilé à du travail à raison de 5 heures par jour, à condition que vous justifiiez d'au moins une ouverture de droit préalable au titre des annexes 8 ou 109. Le congé maternité indemnisé hors contrat et l'accident du travail qui se prolonge après la fin du contrat bénéficient de la même règle de créditation à 5 heures par jour9.
La différence est nette entre une maladie ordinaire, qui vous donne du temps mais pas d'heures, et une ALD ou un arrêt pendant contrat, qui vous donnent directement des heures.
« Les périodes de maladie intervenant entre deux contrats de travail (y compris le congé paternité) et indemnisées par la sécurité sociale, sont neutralisées et allongent d'autant la période de 365 jours. »Source : France Travail

05Le risque concret : perdre des heures avant d'atteindre les 507
Voici où le nouveau plafonnement des prescriptions rejoint directement votre compteur d'heures. La neutralisation d'une maladie ordinaire entre deux contrats est conditionnée à un mot précis : « indemnisée par la sécurité sociale »9. Si une séquence de votre arrêt n'est pas prise en charge, faute de justification écrite du dépassement des nouveaux plafonds, ou en raison d'une rupture entre deux prescriptions, cette séquence sort du champ de la neutralisation. Concrètement, les jours non indemnisés ne prolongent plus votre période de recherche des 507 heures.
Deux conséquences s'enchaînent. D'abord, une maladie mal couverte administrativement vous fait perdre le bénéfice du temps supplémentaire auquel vous auriez normalement droit. Ensuite, comme une maladie ordinaire ne crédite jamais d'heures par elle-même, tout jour de maladie non neutralisé est un jour perdu sans contrepartie : ni heures, ni allongement de délai. Plus les arrêts sont fragmentés en plusieurs prescriptions successives, ce que favorise mécaniquement la règle des 31 puis 62 jours, plus les points de rupture administrative se multiplient, et plus ce risque devient concret.
Ce risque touche en priorité les intermittents en recherche active de contrats au moment où survient la maladie : c'est précisément la période entre deux engagements, la plus fragile pour votre compteur d'heures, qui est aussi la plus exposée à un défaut de continuité dans la prise en charge. La vigilance administrative devient donc un réflexe à intégrer au même titre que le suivi médical : un appel à votre caisse primaire pour vérifier qu'un arrêt a bien été pris en charge sans interruption, avant de solliciter une ouverture ou une réadmission de droits, peut faire la différence entre une période neutralisée en intégralité et une période tronquée de plusieurs jours.
06La baisse, déjà amorcée, de vos indemnités journalières
Le plafonnement des durées n'est pas la seule évolution qui pèse sur votre budget en cas d'arrêt. Depuis le 1er avril 2025, un décret a resserré le calcul de vos indemnités journalières maladie. Pour toute activité à caractère discontinu ou saisonnier, ce qui couvre le régime des intermittents du spectacle, le salaire journalier de base se calcule en divisant par 365 le revenu d'activité des douze mois civils qui précèdent l'arrêt, ce revenu étant désormais plafonné à 1,4 fois le Smic mensuel5.
L'indemnité journalière elle-même reste égale à 50 % de ce salaire journalier de base. Un délai de carence de 3 jours s'applique dans le secteur privé avant le premier versement, et la durée de versement reste limitée à 360 indemnités journalières sur une période de 3 années consécutives68. Résultat chiffré : pour les arrêts prescrits à compter du 1er juillet 2026, le montant maximal de l'indemnité journalière maladie de base est fixé à 42,97 € brut par jour7.
| Paramètre | Règle en vigueur |
|---|---|
| Taux de l'indemnité | 50 % du salaire journalier de base6 |
| Plafond de salaire retenu | 1,4 fois le Smic mensuel, depuis le 1er avril 20255 |
| Carence (secteur privé) | 3 jours8 |
| Durée maximale | 360 indemnités sur 3 années consécutives6 |
| Montant maximal (arrêts dès le 01/07/2026) | 42,97 € brut/jour7 |
Pour vous, cela signifie que si vos revenus dépassent ce plafond de 1,4 Smic sur vos 12 derniers mois, la part de salaire au-delà n'entre plus dans le calcul de votre indemnité. Une bonne année de cachets ne se traduit donc plus intégralement dans votre couverture maladie.
Il existe un filet complémentaire propre à la profession : la prévoyance gérée par Audiens verse une indemnité journalière complémentaire égale à 20 % de la rémunération de base retenue, avec un plancher de 5 € par jour. Cette indemnité complémentaire démarre à partir du 91ᵉ jour d'arrêt continu, ou du 61ᵉ jour en cas de grossesse, à condition qu'un employeur ait cotisé pour vous au moins une fois au cours des 24 derniers mois précédant l'arrêt11. Entre le plafonnement de la sécurité sociale et ce déclenchement, une zone de plus de trois mois reste couverte au seul taux de 50 % du salaire plafonné à 1,4 Smic.
07Neutralisé ou crédité : le tableau à connaître
Cette distinction n'est pas une nuance administrative sans importance. Elle détermine, pour chaque séquence d'arrêt que vous traversez, si elle compte double dans votre compteur d'heures, si elle compte simple, ou si elle ne fait qu'acheter du temps sans jamais créditer d'heures9.
| Situation | Condition d'indemnisation | Effet sur la période de 365 jours | Effet sur vos heures (NHT) |
|---|---|---|---|
| Maladie ordinaire, hors contrat | Indemnisée par la sécurité sociale | Neutralisée : la période s'allonge d'autant | Aucun crédit d'heures |
| Affection de longue durée (ALD), hors contrat | Indemnisée par la sécurité sociale + une ouverture de droit préalable | Non concernée par la neutralisation | Assimilée à 5 heures par jour |
| Accident du travail se prolongeant après le contrat | Indemnisé par la sécurité sociale | Non concernée par la neutralisation | Assimilé à 5 heures par jour |
| Congé maternité / adoption, hors contrat | Indemnisé par la sécurité sociale ou par Audiens | Non concernée par la neutralisation | Assimilé à 5 heures par jour |
| Suspension du contrat (maladie pendant un contrat en cours) | , | Non concernée : le contrat continue de courir | Retenue à 5 heures par journée de suspension |
La distinction entre « hors contrat » et « pendant contrat » est décisive : un arrêt qui débute alors que vous êtes encore engagé est traité comme une suspension de ce contrat, créditée à 5 heures par jour, quelle que soit la nature de la maladie. Un arrêt qui débute une fois le contrat terminé retombe, lui, dans le régime de la maladie ordinaire ou de l'ALD selon votre situation médicale. Deux intermittents avec le même diagnostic et la même durée d'arrêt peuvent ainsi se retrouver, un an plus tard, dans des situations radicalement différentes face à leurs 507 heures.
08Exemple chiffré : le cas de Karim, technicien lumière
Voici un cas fictif à visée pédagogique, construit à partir des paramètres officiels de calcul de l'allocation des annexes 8 et 109. Karim est technicien lumière, relevant de l'annexe 8. Sur sa période de recherche de 12 mois, il a travaillé 480 heures pour un salaire de référence de 16 000 € brut : il lui manque 27 heures pour atteindre les 507 heures exigées.
À deux mois de la fin de sa période de référence, Karim tombe malade entre deux contrats : un arrêt ordinaire de 40 jours, indemnisé par la sécurité sociale sans rupture entre la prescription initiale et son renouvellement. Il est donc neutralisé : la période de 365 jours s'allonge de 40 jours. Karim décroche un contrat sur cette période prolongée et complète son compteur à 540 heures. Son droit est ouvert.
| Élément du calcul (annexe 8) | Valeur |
|---|---|
| Allocation journalière minimale | 31,96 €9 |
| Partie A (liée au salaire de référence de 16 000 €) | ≈ 39,17 €/jour |
| Partie B (liée aux 540 heures travaillées) | ≈ 8,85 €/jour |
| Partie C (forfaitaire) | 12,78 €/jour |
| Allocation journalière brute (A+B+C) | ≈ 60,80 €/jour |
| Plancher garanti annexe 8 | 38 €9 |
Imaginons maintenant que ce même arrêt de 40 jours tombe sur une prescription mal renouvelée : un premier arrêt de 31 jours, puis une reprise tardive de 9 jours sans nouvelle prescription justifiée. Ces 9 jours ne sont pas indemnisés par la sécurité sociale : ils sortent du champ de la neutralisation. La période de référence de Karim ne s'allonge plus que de 31 jours au lieu de 40. Sur cette fenêtre plus courte, il ne retravaille que 20 heures supplémentaires au lieu de 60, et termine à 500 heures. Il lui manque 7 heures. Aucun droit n'est ouvert cette année : ni les 60,80 € par jour calculés plus haut, ni aucune allocation. Karim devra retrouver des heures sur sa prochaine période de recherche.
Cet exemple illustre un point simple : ce ne sont pas seulement quelques euros d'indemnité journalière qui sont en jeu, mais l'ouverture même du droit au chômage intermittent, qui peut se jouer à quelques heures et à quelques jours de continuité administrative.
09Les stratégies pour vous protéger
Anticiper avec votre médecin. Dès la première consultation, si votre état laisse présager un arrêt long, demandez explicitement que toute prolongation nécessaire soit justifiée par écrit sur la prescription, avec mention de votre situation clinique3. C'est cette mention qui permet de dépasser les plafonds de 31 et 62 jours sans rupture de prise en charge, donc sans perdre le bénéfice de la neutralisation de votre période de référence.
Faire reconnaître une affection de longue durée quand votre pathologie le permet. La différence n'est pas seulement financière : une ALD indemnisée hors contrat est assimilée à du travail à raison de 5 heures par jour, alors qu'une maladie ordinaire ne fait qu'allonger votre délai de recherche sans jamais créditer d'heures9. Si votre pathologie relève d'une ALD, la démarche de reconnaissance auprès de votre médecin et de votre caisse mérite d'être engagée sans attendre.
Surveiller la date de fin de contrat retenue pour votre période de référence. Votre fenêtre de 365 jours se calcule à partir de la dernière fin de contrat relevant des annexes 8 ou 109. Le choix du moment où vous cessez de rechercher de nouveaux engagements, ou au contraire où vous en acceptez un dernier avant une période de soins prévisible, a un effet mécanique sur le point de départ de cette période. En cas de réadmission après une fin de droit, une affiliation majorée de 42 heures peut par ailleurs être recherchée par période de 30 jours au-delà du 365ᵉ jour, dans la limite de la dernière fin de contrat ayant servi à ouvrir votre droit précédent9.
Vérifier votre couverture Audiens. Le plafond de la sécurité sociale étant désormais plus bas, connaître la date de bascule vers la prévoyance complémentaire, le 91ᵉ jour d'arrêt, ou le 61ᵉ jour en cas de grossesse, et la condition d'au moins une cotisation employeur dans les 24 derniers mois11, vous permet d'anticiper une éventuelle période sans filet entre la fin de vos indemnités journalières et le déclenchement du relais complémentaire.
Garder une trace de tout. Chaque attestation d'employeur mensuelle, chaque arrêt de travail, chaque décision de votre caisse doit être conservée. En cas de refus ou de suspension d'indemnités journalières, un recours rapide auprès de votre caisse primaire est souvent le seul moyen de rétablir la neutralisation de la période concernée pour vos 507 heures.
Se former pour maîtriser ces mécanismes. Les règles d'affiliation, de neutralisation et de calcul ne se comprennent vraiment qu'une fois qu'on les a manipulées sur son propre dossier. Une formation dédiée à la gestion administrative du statut d'intermittent, finançable par l'AFDAS, vous permet d'anticiper ces situations avant qu'elles ne se traduisent par une perte de droits.
« L'arrêt maladie au titre d'une affection de longue durée, indemnisé par la sécurité sociale et situé en dehors d'un contrat de travail, à raison de 5 heures par jour : vous devez justifier d'au moins une ouverture de droit au titre des annexes 8 ou 10. »Source : France Travail

10Ce qu'il faut retenir
Cette réforme ne change pas votre droit à vous arrêter quand vous êtes malade. Elle change la façon dont ce droit doit être documenté, semaine après semaine, pour continuer à produire ses effets sur votre couverture et sur votre compteur d'heures. La différence entre un arrêt correctement enchaîné et un arrêt fragmenté par un défaut de justification peut se traduire, un an plus tard, par l'ouverture ou le refus de vos droits au chômage intermittent9.
Anticiper ce calendrier avec votre médecin, connaître votre éligibilité à l'ALD, suivre vos dates de fin de contrat et vérifier votre couverture complémentaire sont désormais des réflexes à intégrer à votre gestion administrative, au même titre que la recherche de vos 507 heures.
- Demandez à votre médecin de justifier par écrit, sur la prescription, tout arrêt susceptible de dépasser 31 jours (ou 62 jours en renouvellement).
- Vérifiez qu'aucun jour ne reste sans prescription valide entre deux arrêts successifs : un vide non couvert n'est pas neutralisé pour vos 507 heures.
- Si votre pathologie le permet, engagez la démarche de reconnaissance en affection de longue durée (ALD) auprès de votre médecin et de votre caisse.
- Notez la date de votre dernière fin de contrat relevant des annexes 8 ou 10 : c'est elle qui fixe le point de départ de votre période de référence de 365 jours.
- Conservez toutes vos attestations d'employeur (AEM/DUS), vos arrêts de travail et les décisions de votre caisse primaire.
- Vérifiez votre éligibilité à la prévoyance complémentaire Audiens et la date de son déclenchement (91e ou 61e jour) si votre arrêt se prolonge.
- En cas de refus ou de suspension d'indemnités journalières, contestez rapidement auprès de votre caisse primaire pour préserver la neutralisation de la période.
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Questions fréquentes
Mon arrêt maladie va-t-il automatiquement être plus court à partir de septembre 2026 ?
Un arrêt maladie ordinaire me fait-il perdre des heures pour mes 507 heures ?
Qu'apporte concrètement une reconnaissance en ALD ?
Mes indemnités journalières ont-elles déjà baissé avant cette réforme de septembre ?
Comment décaler ma période de référence en ma faveur ?
Sources
Toutes les affirmations chiffrées et juridiques de cet article renvoient à l'une des sources officielles ci-dessous, consultées et vérifiées à la date indiquée.
- Décret n° 2026-498 du 12 juin 2026 relatif au plafonnement de la durée des arrêts de travail donnant lieu au versement d'indemnités journalièresLégifrancehttps://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000054245585Consultée le 28 août 2026
- Article R162-1-7-1 du code de la sécurité socialeLégifrancehttps://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000054252051/2026-09-01Consultée le 28 août 2026
- Article L162-4-1 du code de la sécurité sociale (version en vigueur au 1er septembre 2026)Légifrancehttps://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000033714734/2026-09-01Consultée le 28 août 2026
- Décret n° 2025-160 du 20 février 2025 relatif au plafond du revenu d'activité servant de base au calcul des indemnités journalières dues au titre de l'assurance maladieLégifrancehttps://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051223695Consultée le 28 août 2026
- Article R323-4 du code de la sécurité socialeLégifrancehttps://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000043356754Consultée le 28 août 2026
- Indemnités journalières maladie : conditions d'obtention, calcul et modalités de versementAmeli.fr (Assurance Maladie), Entreprisehttps://www.ameli.fr/entreprise/vos-salaries/arret-de-travail/indemnites-journalieresConsultée le 28 août 2026
- Montants maximum des indemnités journalières (IJ)Ameli.fr (Assurance Maladie), Entreprisehttps://www.ameli.fr/entreprise/vos-salaries/montants-reference/indemnites-journalieres-montants-maximumConsultée le 28 août 2026
- Indemnisation des arrêts maladie : quels changements dans les secteurs public et privé ?Service-public.gouv.frhttps://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A16333?lang=frConsultée le 28 août 2026
- Guide de l'intermittent du spectacleFrance Travailhttps://www.francetravail.fr/files/live/sites/PE/files/fichiers-en-telechargement/fichiers-en-telechargement---dem/GUIDE-INTERMITTENT.pdfConsultée le 28 août 2026
- L'indemnisation des intermittents du spectacle par l'Assurance chômageUnédic.orghttps://www.unedic.org/publications/lindemnisation-des-intermittents-du-spectacle-par-lassurance-chomageConsultée le 28 août 2026
- Intermittents : la prévoyance, de l'arrêt de travail au décèsGroupe Audienshttps://www.audiens.org/solutions/intermittents-prevoyance-arret-travail-deces.htmlConsultée le 28 août 2026
- Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 : Exposé généralSénathttps://www.senat.fr/rap/l25-131-1/l25-131-131.htmlConsultée le 28 août 2026
Information générale à jour à la date de vérification indiquée en haut de l'article. Ne constitue pas un conseil juridique personnalisé : votre situation peut appeler une réponse différente.




